Décès d’un homme âgé dans un bidonville de Montpellier. Ce n’est pas la canicule qui tue, c’est la misère !

COMMUNIQUÉ DE PRESSE D' AREA, LA FONDATION ABBÉ PIERRE, MÉDECINS DU MONDE ET LA CIMADE

Une personne âgée est décédé ce vendredi 28 juin 2019 dans un bidonville de Montpellier. Son décès serait dû à un arrêt cardiaque probablement lié à l’épisode de canicule qui a touché la région Occitanie et la France entière ces derniers jours.
Ce drame met en lumière une nouvelle fois les conditions de vie dramatiques que connaissent des milliers de personnes. La canicule comme les épisodes de grand froid sont un risque naturel pour toutes les personnes vulnérables : personnes âgées, malades, enfants en bas âge, etc.
Au-delà des conditions climatiques, ce qui est mortel c’est de vivre dehors, à la rue, dans un bidonville, en squat ou dans un habitat indigne. Ce qui est mortel c’est de vivre sans accès à l’eau potable, sans accès à une douche, sans accès à des sanitaires, sans accès à une alimentation suffisante en quantité comme en qualité.
A Montpellier, plus de 800 personnes vivent depuis des années dans des bidonvilles. Le bidonville où ce Monsieur est décédé, dit du Zénith 2, existe depuis plus de 10 ans

Malgré une prise de conscience et un début de mobilisation de l’Etat depuis quelques années sur ce sujet, les moyens manquent cruellement. Les mesures d’urgence prises ces derniers jours ne peuvent suffire à résoudre une situation indigne et inhumaine qui dure depuis tant d’années.
Nos associations appellent à une mobilisation générale pour que tous les acteurs publics mettent en œuvre les moyens nécessaires pour que chacun accède à un hébergement ou un logement. Au-delà de timides avancées, l’Etat, le département, la métropole, la mairie doivent se mobiliser plus largement. Nous ne pouvons plus accepter que plus de 800 personnes survivent en bidonvilles, plus de 600 en squat et que des centaines d’autres soient à la rue sur le seul territoire de l’agglomération montpelliéraine.
La canicule est un phénomène météorologique. Ce qui est mortel c’est que nous nous sommes habitués à l’existence de ces bidonvilles. Ce qui est mortel c’est notre inaction et notre indifférence

Paris, le 2 juillet 2019

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